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Jean Petit, né à Hesdin (dernier quart du XIVe siècle, mort en 1411)

Jean Petit naquit à Hesdin dans le dernier quart du XIVe siècle. C'est de tous les Hesdinois, jusqu'en 1553, celui qui fit le plus de bruit autour de son nom. Il entra dans un couvent de frères mineurs soit en Picardie, soit en Normandie et s'y distingua par son ardeur à l'étude et par les élans d?une imagination pétulante. Puis il se fit recevoir docteur de l'Université de Paris dont il devint quelque temps après un des membres éminents. Il parla en 1406 pour l' Université devant le Conseil du roi. Un peu plus tard il fut aussi chargé de porter également la parole devant le Parlement au sujet de l' obéissance au pape d' Avignon et il le fit avec tant de succès, qu' il entraîna la résolution de l'assemblée.

Ces antécédents donnèrent à Jean Petit une grande réputation de savoir et d'éloquence; aussi fit-il partie de la célèbre ambassade qui fut envoyée de France en Italie pour la pacification du schisme de l' Église dont le pouvoir suprême était disputé par deux papes rivaux et des conciles en lutte. C' est encore lui qui plaida au nom de la députation toute entière.

En sa qualité d' enfant d' Hesdin il avait obtenu les faveurs et les bienfaits des ducs de Bourgogne. C' est peut-être par leur puissante protection que Petit avait parcouru jusques là sa brillante carrière. Aussi après l' assassinat du duc d' Orléans, Jean-sans-Peur, qui voulait légitimer son attentat, songea-t-il à confier sa défense et sa justification au célèbre Cordelier. Celui-ci se chargea sans hésiter de cette périlleuse mission. Il prononça, le 8 mars 1408, dans la grande salle de l' hôtel St-Paul, un long plaidoyer en douze points en l' honneur des douze apôtres, et dans lequel invoquant les exemples de la sainte écriture, il essaya de justifier le crime du duc Jean. Cette doctrine impie provoqua contre son auteur les censures de l' Église. L' Université et le Parlement condamnèrent plus tard ces propositions sacrilèges. Gérard de Montaigu, évêque de Paris, les déclara hérétiques le 23 novembre 1414 et les fit brûler publiquement sur le parvis Notre-Dame le 29 février 1415. La réaction avait été si grande et l'influence du duc Jean-sans-Peur était si déconsidérée qu'il avait été question d' aller à Hesdin déterrer le corps de Jean Petit, mort en 1411 et inhumé dans l' église des Cordeliers ses confrères, pour en disperser les restes.

Le duc de Bourgogne avait appelé de la sentence de l' évêque de Paris à la décision du concile de Constance, mais malgré les man½uvres du prince, et sur l' éloquente réquisition de l' illustre Jean Gerson, les doctrines de Petit furent de nouveau réprouvées et condamnées. Mais le plaidoyer et son auteur ne furent pas désignés, les doctrines seules avaient été l' objet de la sentence.

La vie politique de Jean Petit s' efface après sa fameuse harangue en faveur du criminel duc de Bourgogne, qui récompensa largement son apologiste en lui accordant une forte pension et une retraite à l' hôtel de l' hôpital à Hesdin.





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