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L'histoire de l'ancienne Hesdin


La ville sous la domination des maisons de Bourgogne


Eudes de Bourgogne et son épouse Jeanne de France firent continuer les travaux commencés par Mahaut. Les finances de la commune étaient en déficit à cause des guerres, des troubles et des charges publiques.

Après sa victoire à Crécy en 1346, Edouard III d'Angleterre se dirigea sur Calais pour en faire le siège. Il prit la direction de Montreuil, et une fois arrivé à Hesdin, il en ravagea le parc et les alentours sans toutefois réussir à prendre la ville qui était trop bien gardée.

En 1355, le roi d'Angleterre dévasta le territoire de Thérouanne et détruisit à nouveau le parc d'Hesdin avec ses édifices. Il ne put encore une fois s'emparer ni de la ville ni de son château.

La guerre entre la France et l'Angleterre s'éternisa et le Boulonnais et l'Artois souffrirent beaucoup.

A Hesdin, les habitants vivaient cloîtrés dans l'enceinte de leurs murailles; heureusement, en 1375, une trêve fut signée .

En 1384, le Duc Philippe le Hardi hérita de la Flandre par sa femme et devint ainsi le seigneur d'Hesdin et de tout l'Artois. Ces possessions jointes aux comtés de Nevers, de Rethel, et aux duchés et comté de Bourgogne le rendaient un des princes les plus puisssants de la chrétienté. C'était aussi un grand administrateur. Entre autres, il créa à Lille une Chambre des Comptes. De nombreux documents, conservés aux Archives du Nord, concernent la comptabilité du Duc à Hesdin. Il vendait à Hesdin des vins qu'il faisait venir de Bourgogne. Il vendait les poissons des viviers du parc. Il exploita ses forêts. Il pacifia la Flandre qui avait connu l'anarchie, et, en 1393, il décida de faire à Hesdin de grands travaux tant au château que dans le parc; on rebâtit les édifices qui avaient été brûlés par les Anglais en 1355, et tout fut restauré de manière somptueuse. Dans le parc furent installées volières et ménageries. Il fit repeupler les bois et y transporta des bêtes fauves. Artisans et artistes étaient nombreux dans la ville. La fabrication du drap était encore assez importante, et plusieurs moulins tournaient sur la Canche. Hesdin était le siège d'un bailliage. En 1396, le Duc, sa femme et ses enfants vinrent passer quelques temps au château, il y eut à cette occasion de grandes réceptions. Egalement dans les années qui suivirent, comme en 1402 lors du mariage d'un des fils du Duc avec la fille du Comte de Saint-Pol.

Le fils de Philippe le Hardi, le Comte de Nevers, plus connu sous le nom de Jean sans Peur succéda à son père. Les Anglais redevenaient menaçants, et il fit de grands préparatifs de guerre; une grande partie de son matériel fut fabriqué à Hesdin en 1406. En fait, il séjourna assez peu à Hesdin mais la ville n'eut pas à se plaindre de son gouvernement. C'est sous son règne que fut installée au château une horloge, et que l'on fit agrandir la ménagerie.

En 1415, Anglais et Français s'affrontèrent à Azincourt. Les soldats de la garnison d'Hesdin ne prirent pas part au combat, mais avertis et profitant du désordre, ils n'intervinrent que pour piller le camp anglais, volant, paraît-il, à Henri V l'épée du roi Arthur et la couronne prévue pour son sacre à Reims.

En 1430, Philippe le Bon épousa en troisièmes noces la Princesse Isabelle de Portugal; celle-ci aimait le château, le parc enchanteur rempli de volières, de viviers, peuplé d'animaux. Les fontaines, les machines hydrauliques animant des automates installées autrefois sur ordre de Robert II d'Artois furent entretenues et améliorées. Un pavillon sur roues orientable richement décoré permettait les soupers agrestes, agrémentés de musique. Dans le château lui-même, Philippe le Bon fit aménager une galerie de joyeusetés par son ingénieur en chef, Colart le Voleur, dont les devis nous ont été conservés. La salle de bal fut transformée en un parcours de farces de plus ou moins bon goût : les visiteurs, au moyen d'engins compliqués, se voyaient arrosés d'eau ou noircis de charbon, parfois couverts de farine. Les dames étaient « mouillées par dessous », par des projections qui se déclenchaient sous leurs pas, etc...Ancêtre des parcs d'attractions, ce lieu de prestige avec ces engins d'esbattement était célèbre dans toute l'Europe.Des fêtes splendides furent données à Hesdin. Sa cour était d'une incomparable richesse.

Isabelle de Portugal aida par ailleurs Sainte Colette de Corbie à fonder le couvent des Clarisses en 1440. La ville comptait 14 corporations et confréries, des moulins à tan, à taillants, des brasseries, des tanneries et des mégisseries, des fabriques de drap et de soie, de verres peints, de carrelage, de faïences et céramiques, hautement appréciées dans toute la Flandre et la Bourgogne.

Jeanne d'Arc ayant chassé les Anglais du royaume, le Dauphin fut couronné et prit le nom de Charles VII. En 1435, le Duc se rallia à sa cause et l'aida à chasser les derniers Anglais.

Philippe le Bon ne cessait de résider à Hesdin, il y reçut diverses ambassades en 1435 et 1436. Son épouse restait toujours au château quand le Duc partait en campagne. Il goûtait les festins, les joutes, les bijoux, il protégeait les arts comme la plupart des Valois, encourageant les chroniqueurs qui écrivaient son histoire. En 1440, le duc d'Orléans (Charles d'Orléans, le prince-poète), prisonnier des Anglais depuis la bataille d'Azincourt, fut libéré et vint passer une semaine à Hesdin. Depuis sa réconciliation avec le roi de France, Philippe y avait fait organiser des fêtes somptueuses. Ses magnificences surpassèrent celles de Philippe le Hardi. La cour de Bourgogne était alors la plus riche et la plus brillante d'Europe, et c'est en partie à Hesdin que ses splendeurs s'étalaient.

Hesdin devenait peu à peu le rendez-vous des plus éminents personnages, comme le roi de France (Louis XI) qui y séjourna en 1463 et 1464, ou le roi de Chypre et le duc de Savoie en 1464.

Philippe le Bon, en mourant en 1467, mit fin à un règne qui avait été pour Hesdin une longue fête ininterrompue. Jamais les provinces de Flandre et d'Artois ne furent plus heureuses. Ce fut l'apogée de la civilisation flamande. Le comte de Charolais succéda à son père sous le nom de Charles le Téméraire.





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