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Le dernier siècle d'Hesdin


La ville connut une décadence due à sa position à la frontière entre les territoires des maisons de France et de Bourgogne. Elle fut le lieu principal de la lutte qui opposa ces dernières, ce qui provoqua sa destruction.

Charles le Téméraire séjourna régulièrement à Hesdin et à partir de 1468, sa troisième femme, la Duchesse d'York, Marguerite, et leur fille la Comtesse Marie de Bourgogne, s'y installèrent. Ce furent trois années de banquets et de fêtes.

Mais en 1471, la guerre éclata entre Louis XI et le Duc Charles. En 1472, les Français brûlèrent une des portes de l'enceinte fortifiée. Ils attaquèrent à nouveau en 1475 et incendièrent les faubourgs.

En 1477, Charles le Téméraire se fit tuer devant Nancy. Il laissait une seule héritière : Marie de Bourgogne, âgée d'environ 20 ans. Cette mort emplit Louis XI d'une grande joie. Il mit aussitôt le siège devant Hesdin, et y entra le 8 avril. Il connaissait l'importance militaire et politique de la ville, et essaya d'en amadouer les habitants en leur octroyant deux chartes par lesquelles il confirmait leurs anciens privilèges.Ses agents arrêtèrent douze émissaires envoyés secrètement par la ville d'Arras à la duchesse Marie. Ils furent emmenés à Hesdin et rapidement décapités. Le roi ordonna que la tête d'Oudart de Bucy, Gouverneur général de l'Artois, soit clouée, entourée des onze autres, sur la place du marché d'Hesdin.

Marie de Bourgogne, pour lutter contre les empiètements du Roi, épousa Maximilien, fils de l'Empereur d'Autriche Frédéric II. Ce mariage fut la source de guerres nombreuses entre les maisons de France et d'Autriche. Le Duc Maximilien rassembla une armée pour reconquérir l'Artois. Après maintes prises et reprises d'Hesdin, la guerre prit fin et des conférences pour la paix eurent lieu à Arras. Louis XI renonça à la Flandre mais il garda l'Artois et la Franche-Comté comme dot de la Princesse Marguerite, fille de la Duchesse Marie, qu'il fiança au Dauphin. En 1483, la future Dauphine fut conduite à Hesdin. Cette même année, Louis XI mourut, son fils, Charles VIII fut proclamé Roi, et en 1493, il renvoya la Princesse Marguerite à Maximilien son père, pour épouser Anne de Bretagne. Il rendit donc aussi la dot de la Princesse, mais conserva les villes d'Hesdin, Aire et Béthune jusqu'à la majorité de l'Archiduc Philippe, fils de Maximilien et de Marie. En fait, celui-ci ne devait retrouver son château et sa ville d'Hesdin qu'en 1499, avec l'avènement de Louis XII. Il épousa Jeanne de Castille, dite Jeanne la Folle, et en 1500, un fils naquit, Charles de Luxembourg, le futur Charles-Quint. Celui-ci prit la succession de son père en 1506. Il avait 6 ans et fut placé sous la tutelle de son grand-père Maximilien.

Sous la domination espagnole, Hesdin retrouva un peu d'ordre et de calme.
Mais en 1521, le nouveau Roi de France, François I° assiégea la ville. Le Duc de Vendôme, profitant de ce que le Receveur d'Artois célébrait à Hesdin les noces de sa fille, pénétra dans la ville malgré une pluie battante. Hesdin se rendit après avoir essuyé les coups des canons français, elle fut pillée et incendiée et les habitants furent brutalisés.

En 1522, Charles Quint et Henri VIII, Roi d'Angleterre, s'allièrent contre la France. Les Anglais assiégèrent Hesdin et y installèrent leurs canons. L'attaque dura 6 semaines au cours desquelles les Français tinrent bon. Finalement, les Anglais levèrent le siège, mais pillèrent et brûlèrent les campagnes en se retirant.

En 1523, les Bourguignons mirent le siège devant la ville, mais ne purent s'en emparer.

François I° fut fait prisonnier à Pavie en 1525. Pour sa rançon, il donna une partie de son royaume à Charles Quint, dont Hesdin. C'est le seigneur de Lannoy qui en prit possession au nom de l'Empereur.

Hesdin avait beaucoup souffert, ses murs étaient délabrés, son matériel était détruit. Charles Quint envoya 40000 livres pour effectuer des travaux. A peine étaient-ils achevés que François I°, fatigué des insultes de Charles Quint, déclara nulles les renonciations aux comtés de Flandre et d'Artois, relança ses troupes et remit le siège devant Hesdin (1537). La ville se rendit. Le château résista mais fut tellement attaqué par les canons qu'il finit par céder après une longue résistance.

En 1538, Henri II succéda à François I°. La guerre recommença. Les Impériaux reprirent Hesdin en octobre 1552, les Français emmenés par le Duc de Vendôme la reprirent en décembre.

Furieux de ne pouvoir prendre Metz, Charles Quint prépara alors une campagne avec plus de 60000 hommes. Il prit Thérouanne en avril 1553 et la fit raser, puis mit le siège devant Hesdin, ville qu'avaient pourtant tellement aimée ses ancêtres de Bourgogne. Les batteries impériales balayèrent les remparts, firent tomber quelques pans de mur de l'enceinte. Les Français se réfugièrent dans le château. Les Impériaux canonnèrent la citadelle nuit et jour, puis firent ouvrir des galeries sous les fondations du château. Le donjon et les dépendances menaçaient à chaque instant de s'écrouler. Une grande partie des remparts était détruite, et les assiégés demandèrent la capitulation le 18 juillet. Ils furent faits prisonniers, et parmi eux Ambroise Paré, chirurgien du roi de France, père de la chirurgie moderne. Il a laissé du dernier siège de cette ville forte et de son château un récit précis et imagé. Il fut cependant traité avec la considération que méritaient sa réputation et son génie.Les Impériaux entrèrent pour tout tuer, piller et saccager. Ils se conduisirent avec brutalité, parfois férocité. Ils firent exploser la poudre qui avait été placée dans les galeries sous le château et les tours s'écroulèrent.

Charles Quint ordonna que la ville et le château soient rasés et complètement détruits. Un mois plus tard, les démolisseurs avaient achevé leur oeuvre : de la cité ne demeuraient debout que le couvent des Clarisses et la chapelle Sainte-Colette. Réduits à la plus extrême misère, les habitants quittèrent la ville. Beaucoup prirent la direction de Saint-Valéry. En général bien accueillis, ils y furent désignés sous le nom d'Hédin (ché hédin) qui devint le nom patronymique de la plupart d'entre eux. Le parc du château fut défriché, des habitations s'y installèrent.

Avec les matéraux de démolition, restes de la ville, on fonda une ville nouvelle à 6 kilomètres de là, en aval, sur la Canche, au milieu du territoire d'un village qui portait jusqu'alors le nom de Maisnil. Cette ville prit le nom d'Hesdin-Fert, puis d'Hesdin-Fort, avant d'usurper celui d'Hesdin, qui ne fut plus qu'Hesdin le Châtel, puis le village de Vieil-Hesdin.

On vint chercher des grès depuis Saint-Omer, et le village du Parcq s'édifia alors à l'aide des matériaux restants. Cependant, la citadelle, bien que fort endommagée, était encore debout. Ce furent les Français de Mondejeu qui, en 1595, ne pouvant prendre le nouvel Hesdin, achevèrent de détruire la cité de la Toison d'Or et l'incendièrent.

Il ne restait plus pierre sur pierre d'Hesdin, qui tomba ainsi dans l'oubli après avoir été une cité célèbre où habitèrent de si puissants seigneurs.





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