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Robert II, Comte d'Artois (1250-1302)

C'est le fils posthume de Robert Ier et de Mathilde de Brabant, et le neveu de Saint Louis. Pendant sa minorité, la régence du comté d'Artois fut confiée à son beau-père, le comte de Saint-Pol. Robert II fut armé chevalier par Saint Louis (5 juin 1267). Le comté d'Artois fut un des premiers apanages royaux érigés en pairie.

Il accorda à Hesdin deux foires franches par an, pour toutes marchandises, l'une à la veille de la Saint-Georges, au mois d'avril, l'autre pour le jour de l'octave de l'Exaltation de la Sainte-Croix, en septembre.

Ensuite, il partit avec le roi son oncle pour la croisade en 1271; ce fut surtout après la mort de Saint Louis qu'il montra sa valeur dans le combat livré par les Français pour se rendre maîtres du lac qui entretenait la communication des Sarrasins avec Tunis. Il voulait ainsi venger son père qui avait été tué à la précédente croisade.

A son retour, Robert conçut l'idée d'augmenter et d'embellir le parc ainsi que le château d'Hesdin. A l'instar de plusieurs de ses prédécesseurs, il y fit exécuter des travaux considérables. Après avoir, en juillet et septembre 1293, et en février 1294, fait des échanges importants avec les religieux d'Auchy-les-Moines pour obtenir des terres, une pêcherie, etc. à la convenance de ses projets, le 11 juillet 1294, il ordonna à Renaut Cuignet de Berlette, chevalier, maître de son comté d'Artois, de faire payer les sommes nécessaires pour achever les ouvrages du château et du parc, exécutés sous la surveillance de Jean de le Coupelle, ordonnateur des travaux.

Robert II figura au sacre de Philippe le Hardi où il remplit les fonctions de connétable et porta l'épée du roi. Le roi de France fit à cette occasion un voyage en Artois, pendant lequel il y eut de grandes fêtes à Arras pendant quatre jours (août 1271).

Il fut envoyé par Philippe le Hardi en Espagne pour soumettre la Navarre, qui s'était révoltée contre le gouverneur français Eustache de Beaumarchais, et pour soutenir les droits des infants de la Cerda, neveux du roi de France, à la succession du royaume de Castille. Robert reprit Pampelune et conclut avec Alphonse X, à Vittoria, une convention qui ne fut pas observée (1275-76). A son retour en France, il contribua à la condamnation du favori du roi, Pierre de la Broce.

Philippe le Bel l'envoya combattre les Anglais en Guyenne avec le comte de Valois contre le duc de Lancastre. Il s'empara de plusieurs villes et remporta une victoire navale sur les Anglais près de Bayonne (1295-96).

Pendant les guerres de la Flandre, Robert II d'Artois fut le principal représentant de l'autorité du roi de France. Il battit les Flamands à Furnes le 13 août 1297 et s'empara de Lille et de la plupart des villes de la Flandre maritime. Le comte de Flandre et le roi d'Angleterre conclurent une trêve avec lui. Mais son fils Philippe qui combattait à ses côtés fut gravement blessé et mourut un an après.

Robert II fut ensuite envoyé à Cambrai pour occuper la partie de la ville qui était sous la juridiction de l'évêque (1299) et il recueillit dans ses états d'Artois les échevins de Douai, restés fidèles au roi de France et exilés par leurs compatriotes douaisiens.

Pendant la grande révolte des Flamands, Robert d'Artois commanda l'armée française envoyée contre eux et forte d'environ 10000 chevaliers et écuyers et 10000 arbalétriers italiens à pied. Les Flamands, qui étaient en nombre à peu près égal, mais n'avaient que des fantassins armés de piques, se retranchèrent derrière des fossés dissimulés sous des branchages et eurent l'habileté, par une série de marches et de contremarches, d'attirer les Français devant leur position, près de Courtrai. Aussi téméraire que son père, Robert II lança contre les Flamands la cavalerie française, qui vint s'engloutir dans les fossés et y périt presque tout entière sous les coups de l'ennemi (11 juillet 1302). Robert II fut tué, dit-on, de trente coups de pique, et son cadavre, retrouvé seulement au bout de 3 jours, fut enseveli provisoirement au couvent flamand de Groeninghe, puis transporté, en 1304, à l'abbaye de Maubuisson, près de Paris, par les soins de la comtesse Mahaut d'Artois, fille de Robert II.

Robert II d'Artois fut surnommé le Noble et l'Illustre. Il administra sagement ses états d'Artois. Il n'eut que peu de démêlés avec la bourgeoisie turbulente du nord de la France : en 1280, Philippe le Hardi, choisi comme médiateur entre Robert II et les bourgeois d'Arras, nomma un conseil provisoire de 4 prud'hommes et de 4 trésoriers, en remplacement du conseil ordinaire des échevins de la ville d'Arras.

Robert II épousa Amicie de Courtenay, puis Agnès de Bourbon, et enfin Marguerite de Hainaut. Sa succession fut âprement disputée entre sa fille Mahaut et son petit-fils Robert III.

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Armoiries de Robert II d'Artois - Cliquez sur l'image pour l'agrandir





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